Apprends-moi.


J'ai fais ce One Shoot pour le concours de fic-mangas-lucy. On avait le choix entre plusieurs thèmes, j'ai choisi texte physique et époque. Donc voilà, l'époque est plutôt floue, mais c'était aux allentour du moyen age. Le couple est StingxOC.
 
J'ai essayé de me focaliser sur des moments forts dans leur vie, en laissant de grande  période entre chaque épisode. Ainsi l'histoire commence en début printemps, et fini vers la fin de l'été, plus une sorte de petit épilogue.
 
Sur ce bonne lecture!
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-Apprenez-moi.

Surpris, le jeune homme sursauta légèrement. Il tourna lentement la tête vers celle qui avait dit ces mots, soupira, et se remis à taper sur l'homme de bois, sans un mot. C'était dans une petite clairière, perdue au fond de la forêt du domaine des Toshiie, les seigneurs de ce territoire. Quelqu'un y avait installé tout le matériel nécessaire pour s'entraîner. Cet endroit était féerique, il semblait tout droit sortit d'un rêve. Le soleil baignait la place d'une lumière douce, filtrant à travers les feuillages. Ils n'avaient pas le droit de pénétrer le domaine de chasse du seigneur, mais ils s'en fichaient.

-Apprenez-moi, s'il vous plaît.

Voyant qu'il ne dirait rien, encore une fois, elle s'assit par terre, dos à un arbre, et le regarda. En cette belle matinée de printemps, il se mouvait avec la grâce d'un félin. Torse-nu, il était beau. Désirable même. De la sueur perlait sur son corps incroyablement parfait. Il avait enlevé sa chemise, qui reposait sagement sur une branche. Elle bénit ce geste, qui lui permettait de voir plus encore ses magnifiques muscles, son dos dessiné à l'image d'un dieu. Au bout de quelque temps, il se retourna vers elle. Une première. Ses sourcils froncés témoignaient d'un énervement contenu.

-Cela fait trois semaines que vous venez ici, trois semaines que je ne vous adresse pas la parole, alors pourquoi continuer ?

Dans un premier temps, elle ne fit pas attention aux paroles. Sa voix... C'était la première fois qu'il parlait en sa présence. Sa voix... Si belle... Puis elle se reprit et répéta encore les mêmes mots.

-Apprenez-moi.

Alors qu'il allait se détourner, elle décida d'aller plus loin.

-Apprenez-moi, c'est tout ce que je vous demande. Je veux savoir me battre comme vous. S'il vous plaît.

Cette fois, cela sonnait plus comme une supplication qu'une simple demande. Toujours sans rien dire, il se dirigea vers elle, et l'attrapa fermement au poignet, la serrant juste assez pour lui faire mal. Il la força à se lever, et la regarda droit dans les yeux. Dans ce regard elle put lire de la colère, mais aussi une sorte de ... Peur ?

Elle lui renvoya un regard plein de défi. Elle ne connaissait même pas son nom. Il ne connaissait pas le sien non plus. Ils ne s'étaient jamais adressé la parole, avant ça. Elle le regardait plusieurs heures par jours depuis bientôt un mois. Et juste deux mots : « Apprenez-moi. »

-Une femme ne peut se battre. Dit-il sèchement, avant de la regarder des pieds à la tête.

De longs cheveux blonds et ondulés, remontés en une queue-de-cheval, encadraient son visage fin. Des yeux d'un vert pétillants étaient mis en valeur par sa peau profane témoignant de sa noblesse.

-Et ce ne sont pas des habits pour une demoiselle.

Elle lui jeta un regard haineux.

-Ne vous occupez pas de cela, traitez-moi comme un homme s'il le faut. Je veux être capable de me battre.

Il la détailla quelques secondes et soupira.

-Quelles sont vos motivations ?
-Elles ne regardent que moi. Dit-elle avec un sourire. Ne dit-on pas qu'une femme doit garder une part de secrets ?

Les lèvres du beau blond s'étirèrent en un premier sourire joueur.

-Mais vous n'êtes pas une femme.

Elle sourit, il lui tendit la main.

-Sting.
-Mizu. Avait-elle répondu, avant de lui serrer joyeusement la mains.

Une routine s'était installée.
Tous les matins, elle y allait, tous les matins, il était là. Dès les premières lueurs du jour, jusqu'à ce que le soleil soit haut dans le firmament. Elle était douée, mais quand il lui accordait un combat, il hésitait à lui assener des coups, même si c'était pour l'entraînement. Et cela énervait la jeune femme.
Les peu de paroles qu'ils échangeaient étaient des conseils, ou des questions, toujours en rapport avec le combat. Jamais ils ne se demandèrent d'où ils venaient. Jamais ils n'osèrent poser la question du nom. Quelques fois, elle n'était pas venue. Il l'avait attendu jusqu'à midi, assit dans ce petit paradis, loin de tout problème. Puis il était parti, déçu, sans n'avoir rien fait. Car malgré le mépris, la crainte qu'il avait pour elle, il s'était attaché à ces leçons, même s'ils ne parlaient pas. Rien que le sourire de cette Mizu, il ne voulait pas le perdre. Pourtant, le lendemain, il ne lui avait rien dit, pas posé de questions, pas réprimandées. Rien.
Un jour, où il l'avait un peu sonnée, ils s'assirent contre un arbre, le temps qu'elle reprenne ses esprits.

-Comment avez-vous trouvé cet endroit ?
 
Il avait dit ça subitement, et l'avait surprise. Elle releva la tête pour le regarder dans les yeux, ses sourcils légèrement froncés, réfléchissant.
 
-Je me ... promenait. Répondit-elle, hésitante.
 
Les yeux bleus de Sting la sondèrent, la mettant mal à l'aise. Il savait qu'elle mentait, alors, sans qu'il n'eut rien à dire, elle se reprit.


-J'étais tourmentée. Elle marqua une pause. Je me suis réfugiée dans les bois pour me laisser aller à ma peine. Et puis je me suis perdue. Alors, je suis tombée sur vous. Et je suis restée. Vous regarder m'a apaisée, et puis quand vous êtes partie, je vous ai suivi pour retrouver mon chemin.

Sting pris une mèche dorée qui tombait sur le visage de la jeune fille dans ses doigts, songeur. Il se souvenait de ce jour. Elle était restée cachée pendant longtemps, derrière les arbres, s'imaginant qu'il ne la voyait pas. Mais il avait eu tout le loisir de l'observer du coin de l'½il. Elle avait les yeux rougis, sa robe, somptueuse, d'un rouge bordeaux, avait été déchirée dans les jupes, sûrement par les ronces et les branches basses. Il avait tout de suite compris que c'était une femme de la noblesse, sûrement une courtisane, ou même de la famille du seigneur, et il l'avait immédiatement imaginée comme ce qu'elle paraissait : faible, comme toutes les autres. Elle pleurait sûrement pour une pauvre querelle dont les personnes de son rang aimaient avoir. Sans connaître la vraie douleur, le vrai désespoir. Il l'avait, dès le premier instant, détestée.
Quelle avait été sa surprise quand le lendemain, elle était venue, avec une tenue toute autre, avec son « apprenez-moi. ». La haine s'était alors muée en mépris. Elle était faible, elle se trouvait faible. Elle voulait devenir forte, sans même que ça lui serve. Une femme noble avait besoin d'esprit, de beauté. Son rang à lui privilégiait la vraie force physique et mentale. Mais cela, elle ne le comprenait pas. Lui, aurait préféré ne pas avoir à s'entraîner, pouvoir dormir sans avoir un poignard sous la paille qui lui servait de lit. Et elle, c'était l'inverse. Il la méprisait.
 
Mais malgré cela, il avait accepté, il avait continué, et ils en étaient là, assit sur l'herbe humide. Il la regarda, elle rougissait légèrement. Un instant, il fut tenté de la charrier, de se moquer comme il le faisait si bien. Mais c'était une dame, elle ne comprendrait pas. Alors, pour ne pas accentuer la gène de Mizu, il se leva et lui tendit la main pour l'aider à faire de même.


-Allez, on reprend !


Et ils reprirent. Plusieurs fois, elle essaya d'arriver avant lui, allant même à se lever alors qu'il faisait encore noir, mais il était toujours là, comme s'il dormait ici.

Un matin, alors que les jours se raccourcissaient et que l'automne pointait le bout de son nez, la jeune blonde arriva quand le soleil brillait déjà. Elle était bien dans la même tenue de cuir qu'à son habitude, mais ses cheveux relevés d'une compliquée et très chic coiffure qui était à moitié tombée trahissaient qu'elle était partie précipitamment et en courant. Ses yeux rouges, encore humides. Quand elle le vit, elle tomba presque dans les bras de Sting et éclata en de silencieux sanglots. Elle avait appris à pleurer en silence. Un peu surpris au début, le blond la serra gentiment dans ses bras, caressant du pouce son dos. Quand elle se fut calmée, il la détacha de lui et la regarda droit dans les yeux. Les larmes donnaient un éclat bleu à ses yeux. La tristesse lui seyait à merveille. Un instant, cette douloureuse beauté fit perdre au garçon le fil de ses pensées. Puis il se reprit.


-Que se passe-t-il Mizu ?

C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.

Elle détourna le regard, cherchant à éviter de répondre. Stig lui releva le menton pour la forcer à le regarder.

-Dites-moi. Ordonna-t-il, puis, plus doucement. Je peux peut-être vous aider.
-Non, vous ne le pouvez pas. Répondit-elle au tac-au-tac.

Il essaya de la sonder. La jeune fille était en état de détresse, il le voyait bien, mais il voulait de tout c½ur comprendre. Il ne l'aimait pas ainsi. Enfin, il l'aimait encore moins. Il lui prit les mains, et l'encouragea du regard. Après quelques instants où elle semblait réfléchir, elle prit une grande inspiration, et lâcha rapidement, comme dans l'espoir qu'il ne comprenne pas :

-Je vais me marier.

Le sang de Sting se glaça. Sans vraiment comprendre pourquoi, il n'apprécia pas.

-Là d'où je viens, c'est plutôt une bonne nouvelle... Répondit-il prudemment.
-Là d'où vous venez, Sting, les hommes et les femmes se marient par amour, il n'existe pas la soif de pouvoir où d'argent, ni l'idée que les enfants ne sont qu'un objet qu'on échangera contre des terres! S'énerva-t-elle, en retirant brusquement ses mains de celles bien plus larges de l'homme face à elle. Je ne suis pas dupe. Je vois très bien que vous ne m'appréciez guère. Et je ne suis pas idiote : je sais très bien que c'est parce que vous savez que je suis de haute naissance. J'en déduis donc que vous savez que je n'ai pas le choix. Qu'il y ait de fortes chances que « l'Elu » (on sentit les guillemets dans sa voix) soit un homme vieux, ou bien si prétentieux qu'il pourrait s'épouser lui-même. Oui, vous savez tout ça Sting.
 
Le jeune blond l'avait laissé cracher son venin sur lui. Elle en avait besoin, et il le savait. Cependant, il ne pouvait pas la laisser dire que sa vie à elle était si horrible que ça.

-Vous ne savez rien de ce qu'il se passe sous vos yeux. Vous ne connaissez pas la faim, ni même la mort, le désespoir. Certes, vous allez être liée à un homme, qui, visiblement, vous répugne. Vous allez avoir des enfants de lui, car c'est ce que vous devrez faire. Mais qu'est-ce, en comparaison aux fillettes d'à peine 14 ans qui se prostituent pour survivre, qui elles aussi enfantent, mais d'un batar qui n'aura pas meilleure vie ?
-Et vous ? Que savez-vous de ce que représente pour une femme un mariage ? Vous ne savez rien du désespoir que procure le fait de renoncer à jamais à l'amour, aux plaisirs charnels sans même y avoir goûté !
-Alors c'est uniquement cela qui préoccupe une fille de seigneur pourrie gâtée ?


Un point fusa. Tel qu'il lui avait appris, elle avait frappé vite, efficacement. Déjà, un second coup l'atteignit. Mais cette fois, il bloqua le poignet de Mizu et la fit basculer en arrière. Perdant son équilibre, elle tomba, et ferma les yeux, se préparant à heurter brutalement le sol. Cependant, aucun choc ne vint. Sting l'avait rattrapée au dernier moment en passant une main derrière son dos.
 

Ils se regardèrent, le souffle court. Elle aurait pu se dégager, mais n'en fit rien. Pour lui éviter la chute, il s'était penché en avant. Leurs visages rougis par le soudain effort étaient alors proches l'un de l'autre. Ils restèrent un moment qui leur sembla une éternité ainsi. Puis, Sting vit que les muscles de la jeune fille se contractèrent : elle voulait se dégager. Lui, ne voulait pas bouger. Alors, sans réfléchir et avant qu'elle ne puisse faire le moindre geste, il se pencha un peu plus d'elle pour faire quelque chose qu'il aurait dû faire depuis longtemps.

Il l'embrassa.

Doucement d'abord, il la posa sur l'herbe, lui sur elle, pour que le baiser devienne plus intense. Plus aucune pensée ne pouvait filtrer de leurs cerveaux, sinon l'envie de l'autre. C'est pour cela qu'il ne se dit pas qu'il n'avait pas le droit. Qu'il ne se souvint pas qu'il la haïssait. C'est pour cela que l'espace de quelques minutes, elle ne se souvint pas qu'elle n'avait pas le droit. Qu'elle oublia qu'elle était fiancée.
Mais ils firent l'erreur, ou alors le bon choix, de se séparer pour se regarder, pour reprendre leur souffle. Et alors, l'utopie qu'ils avaient créée s'en alla. Chacun pû voir dans les yeux de l'autre le remord et la peur. Lui se reprit rapidement. Elle, le regarda, la bouche légèrement ouverte, les yeux effrayés, et secoua légèrement la tête.


-Nous ne ...
-Nous pouvons.
-Je vais me marier !
-Mais vous ne l'êtes pas encore !
-Ce serait pêcher.
-Pêcher serait de ne pas savoir ce que vous allez rater. Ce n'est pas votre choix de vous marier.
-Je n'ai jamais eu le choix.
-Mais vous pouvez ne pas le faire. Vous avez le choix de vous en aller. Et on ne fait un choix que si on en connaît toutes les options et toutes les conséquences.  Il est tant pour vous de connaître options et conséquence. Il est temps pour vous de vivre.

Elle ne dit rien, se contenta de le regarder. Au  bout d'un moment qui sembla à Sting une éternité, elle chuchota :

-Apprenez-moi.

Puis, plus fort.

-Apprends-moi. Apprends-moi les options qui me restent. Apprends-moi à vivre.

Un sourire se dessina sur les lèvres du blond. Elle lui rendit, hésitante. Peu à peu, la peur et le doute s'en allèrent de son visage. Quand il vit qu'elle n'en ressentait plus du tout, il recommença ses baisers, ses caresses.

Et là, sous la douce lumière de fin d'été, dans cet endroit connu d'eux seuls, il lui apprit.
 
 

Longtemps, Mizu Toshiie fut attendue à son propre mariage, qui devait l'unir avec le vieil et ignoble seigneur voisin, affin d'unir leurs terres et agrandir leur pouvoir. Jamais elle ne vint. Jamais on ne la revit. Peut-être parce qu'on ne l'avait pas cherché bien loin. Peut-être parce qu'on n'avait pas pris la peine de fouiller la forêt et les quartiers pauvres.
 
Jamais elle ne regretta. Parfois, elle pensait à la vie riche, aux enfants qu'elle aurait dû avoir avec cet homme. Mais jamais elle ne regretta. Jusqu'aux derniers instants de sa vie, elle fut comblée. Elle vécut comme une criminelle toute sa vie, mais elle aimait. Quand elle s'éteignit, sous les yeux pleins de larmes de son maître, qui était devenu son coéquipier, son amour, ses derniers mots, qui, pour n'importe qui, ne veulent rien dire, furent chargés de sens, pour eux et pour eux seuls. Sur ces mots qui le firent sourire dans ses larmes, alors qu'elle s'éteignait:


-Tu m'as appris à vivre.



______________


Bon, OS un peu court, certes, et quelque chose ne me convient pas dedans, mais ça va, je l'aime bien. J'espère que vous l'avez apprécié, et si vous l'avez lu, laissez un petit kiff pour que je le sache, et, si vous voulez me faire plaisir, un pitit commentaire :D
 
Bonne journée, soirée, nuit,ou je ne sais quoi d'autre, keur keur.

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Comments :

  • demon2308

    26/05/2015

    Il est super émouvant =)

  • candymimi

    11/05/2015

    Mon dieu...sont mes premiers mots qui arrivent à la fin de cette lecture. Si boulversant!l histoire est magnifique ey c est super bien ficelé, j apprécie également le lien entre le titre et l histoire tu va trouver ça con mais c est pas toujours le cas dans les textes!>w< le "seul truc" que je pourrait dire est que l histoire manque un peu de...enfin c est bien expliquer mais du fait qui il soit un peu court on a une impression que tout va très vite :/ et enfin tout était super beau et la.. "sous la douce lumière de fin d'été, dans cet endroit connu d'eux seuls, il lui apprit" je suis parti dans un lointain truc pervers!OwO excuse moi x) bon je m arrête tu vas m assommer sinon a parler autant!

  • fic-mangas-lucy

    02/04/2015

    le fameux one shot je le kiff grave encore félicitation

  • kanna-alperona-FT

    30/03/2015

    Nono-Mangas-Nalu wrote: "kikouuuuuuuu ^^ j’aime beaucoup ton OS franchement!!!!! il est super!!!!!!!!^3^"

    mercii:D

  • Nono-Mangas-Nalu

    30/03/2015

    kikouuuuuuuu ^^ j’aime beaucoup ton OS franchement!!!!! il est super!!!!!!!!^3^

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